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La dysmorphie musculaire, une addiction à l’image du corps ?

L’Encéphale · 2022 · Article de recherche

Muscle dysmorphia from an addictive perspective: Validation of the Addiction to Body Image Inventory (ABII)

La dysmorphie musculaire sous l’œil de la dépendance : validation de l’inventaire d’addiction à l’image corporelle (IAIC)

M. Legendrea, J. Morina, Jérôme Cuadradob, M. Côtéa, Grégory Michelb, C. Bégina

a École de psychologie, Université Laval, Québec
b Équipe Healthy, Inserm U1219, Bordeaux Population Health, Université de Bordeaux

doi.org/10.1016/j.encep.2022.10.004

L’idée circulait depuis longtemps sans données pour l’étayer. Avec l’Université Laval (Québec), nous avons validé un premier questionnaire mesurant l’addiction à l’image corporelle.

La dysmorphie musculaire est-elle une addiction à l'image du corps ? La dysmorphie musculaire se situe à la croisée des troubles alimentaires et des tendances addictives.

La question

La dysmorphie musculaire touche surtout des hommes et se caractérise par une forte insatisfaction à l’égard de ses muscles. Plusieurs auteurs la décrivent comme une forme d’addiction : besoin de s’entraîner, perte de contrôle, poursuite malgré les conséquences. Aucune donnée empirique ne permettait de le vérifier.

Ce que nous avons fait

Un premier échantillon de 466 personnes a rempli l’IAIC et des questionnaires sur la dysmorphie musculaire et l’estime corporelle. Un second échantillon de 47 hommes à risque, recrutés surtout en salle de sport, a complété l’IAIC et des mesures de dysmorphie musculaire, de symptômes alimentaires et de symptômes psychologiques.

Ce que nous avons trouvé

L’IAIC présente une structure factorielle valide, une bonne cohérence interne et une bonne validité convergente. Chez les hommes à risque, il est lié à la dysmorphie musculaire et aux symptômes alimentaires, mais pas aux symptômes psychologiques généraux. Il explique 12 % de la variance de la sévérité du trouble.

Ce que cela change en pratique

La dysmorphie musculaire apparaît comme un phénomène complexe, à la croisée des troubles alimentaires et des tendances addictives. Interroger la dimension de dépendance à l’image du corps enrichit l’évaluation clinique.

Référence

Legendre, M., Morin, J., Cuadrado, J., Côté, M., Michel, G., & Bégin, C. (2022). Muscle dysmorphia from an addictive perspective: Validation of the Addiction to Body Image Inventory (ABII). L’Encéphale. https://doi.org/10.1016/j.encep.2022.10.004

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