Aziz Shaversshian – « Zyzz »

Zyzz, ou l’incarnation du mythe Icarien…

Le 5 Août 2011 demeurera à jamais un jour de deuil pour la communauté body. L’incroyable Aziz Shaversshian décède d’une attaque cardiaque à 22 ans, laissant dans son chemin le mythe « Zyzz » et le fameux « shredded » traduit comme le terme « écorché physiquement » qu’il incarnait et qui lui donnera une immortalité posthume.

Son physique fut source d’inspiration pour toute une génération, tant sa définition musculaire et sa symétrie frôlaient le divin. Cependant, cette quête de muscle obsédante et le train de vie qu’il avait adopté furent son talon d’Achille. Dire que Zyzz présentait les critères symptomatologique de la dysmorphie musculaire semble séduisant, tant il laissait transparaître cette idéalisation du beau et du muscle, tout comme les conduites à risques qu’il avait adopté dans cette course à l’hyper-muscularité par l’utilisation massive de produits dopants. Son changement de morphologie fut motivé par un désir de changer de « morphotype », puisqu’il se présentait comme un ectomorphe « gringalet », ce qui peut nous laisser penser qu’il avait une estime de soi quelque peu impacté par ce physique « non musclé » au regard de ses attentes idéalisées sur la musculature « normative » attendue chez un homme. Ainsi, le trépieds du désir de masse, d’une mauvaise estime de soi et une altération du fonctionnement quotidien semble être présent, cependant nous ne pourrons pas confirmer le diagnostique, puisque nous nous basons sur des informations non vérifiées et n’avons jamais pu rencontrer Zyzz…

1353970509-zyzz15L’analogie la plus séduisante serait de le comparer à Icare. Ce mortel ayant tutoyé de trop prêt le soleil fut la victime de son ego puisque ses ailes brulèrent en s’approchant de la chaleur rayonnante de l’astre jaune, ce qui lui valu un allé simple pour le Styx… Cette histoire est non sans rappeler le train de vie de Zyzz, réputé pour aimer faire la fête en abusant de substances illicites tout en maintenant son physique par l’abus de substances dopantes. Il a poussé le système à ses limites, mais n’avait pas perçu qu’il y avait une faille originelle, une anomalie congénitale du cœur. Alcool, drogues et stéroïdes ne font pas bon ménage pour un cœur fragile. Les cures n’étaient pas cyclées, il ne respectait pas non plus les posologies ni le croisement de produits et encore moins les relances PCT (post cure thérapie), laissant ainsi transparaitre un mal omniprésent dans la communauté body « la bro science », ou la science tiré des conseils d’amis.

C’est ainsi que Zyzz trépassa, consumé par ses ambitions, motivés par un désir de changer de physique, laissant penser à la présence d’un complexe d’Adonis non diagnostiqué, mais aussi mal informé sur les dangers des substances dopantes et d’une pratique non structurée du body.

Ce malheureux événement nous rappelle à quel point le danger est sournois dans ce milieu, puisque le prix à payer pour se sentir mieux dans son corps est souvent plus chère qu’on ne l’avait perçu.

 

Jérôme Cuadrado

Underwood, M. (2017). Exploring the social lives of image and performance enhancing drugs: An online ethnography of the Zyzz fandom of recreational bodybuilders. International Journal of Drug Policy, 39, 78‑85. https://doi.org/10.1016/j.drugpo.2016.08.012

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